C’est le 20 avril dernier dans la salle polyvalente de Saint-Sulpice-les-Champs que s’est tenue la première Commission Santé de la Communauté de communes Creuse Grand Sud.

La première Commission Santé s’est déroulée le mardi 20 avril dernier sur la commune de son Vice-président Creuse Grand Sud en charge de la Santé, du Médico-Social et des Affaires sociales : Alex SAINTRAPT. L’occasion pour lui d’ouvrir la séance de travail en en rappelant l’ordre du jour :

« Nous avons le plaisir d’accueillir ce soir Claire RIFFAUD – Coordinatrice de Santé Publique dans le cadre du Plan Santé+23 / et du Contrat Local de Santé Départemental de la Creuse. Claire a pris ses fonctions le 26 octobre dernier et est rattachée au Centre Hospitalier de La Souterraine.

Nous avons travaillé ensemble avec son équipe sur la mise en place du programme qu’elles vont nous présenter et vous pourrez lui poser toutes les questions que vous souhaitez.

Bienvenue aussi aux deux animatrices du CLS : Véronique ROUFFET et Manon DE BRUYN basées au Centre Hospitalier d’Aubusson.

Avec ce diaporama plusieurs choses vont vous être présentées et notamment le Plan Santé+23 avec son plan d’action spécifique pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales dans le but d’améliorer l’état de santé des Creusois. Personnellement, j’émettrai un seul petit bémol vis à vis de ce Plan : il est connu et reconnu par les professionnels mais peu voir pas connu par le grand public. D’où l’intérêt de cette présentation et de le décliner en compagnie des Animatrices de Santé sur le territoire. »

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Première Commission Santé pour Creuse Grand Sud donc, mais aussi première présentation devant ce type d’assemblée pour Claire RIFFAUD, Coordinatrice Départementale de Santé Publique du Plan Santé+23 et du Contrat Local de Santé, dont le poste est basé au Centre Hospitalier de La-Souterraine. Et si la Communauté de communes Creuse Grand Sud a déjà eu l’occasion de travailler sur le programme du CLS dont elle est signataire, sa mise en place et sa déclinaison en termes de plan d’actions concrètes à mettre en place sur le territoire a pris un peu de retard, pandémie oblige.

Initié par l’Agence Régionale de Santé Nouvelle Aquitaine, ce plan part d’un constat de terrain mené en 2017 peu flatteur : contexte démographique en berne, indicateurs socio-économique fragiles, marqueurs de santé défavorables (alcoolisme, tabagisme, suicide, surpoids, prévention cancer à améliorer, manque de médecins, etc.). Pour autant, ce même diagnostic laisse aussi apparaître des forces : un tissu associatif dynamique, un bon taux d’équipement malgré tout en médecine mais aussi en soins de suite de réadaptation et psychiatrie, un bon taux d’équipement pour ce qui est de l’accueil des personnes en situation de handicap, la préexistance de deux 2 CLS (sur Felletin – Aubusson et Royère-de-Vassivière – Bourganeuf initiés dès 2011), et enfin un département assez homogène propice aux expérimentations innovantes.

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Un Plan pour améliorer l’état de santé des Creusois

Face à ces constats, l’Agence Régionale de Santé Nouvelle Aquitaine a décidé d’engager des moyens humains dans le département pour améliorer l’état de santé des Creusois. D’où l’idée de mettre en place le Plan Santé+23 axé sur 5 priorités :

  • développer la prévention, de manière générale en matière de prévention-promotion de la Santé ;
  • maintenir et améliorer l’accès aux soins ;
  • améliorer le parcours de vie des personnes atteintes de cancer ;
  • faire des jeunes une cible prioritaire ;
  • lutter contre les addictions.

Pour mettre en oeuvre ce plan, ce ne sont pas moins de 14 Animatrices de Santé Publique et 1 coordonnatrice qui ont été déployées et réparties sur le Département.
Ces 14 animatrices sont rattachées à des Centres Hospitaliers. Leurs postes sont financés par l’ARS Nouvelle Aquitaine mais leurs employeurs restent les CH respectifs.

Répartition des 14 animatrices de Santé Publique (ASP) sur le

Ces animatrices, aux profils variés (infirmières, éducatrices spécialisées, assistantes sociales, etc), interviennent sur tout le département de la Creuse et sont réparties par axe populationnel :

  • enfance / parentalité ;
  • jeunesse ;
  • adultes ;
  • public vulnérable ;
  • ainsi qu’une thématique « un peu plus particulière » qui concerne l’accès aux soins.

Leur mission est de déployer des actions de promotion et de prévention de la santé à destination de tous les habitants du territoire et d’apporter un appui méthodologique aux partenaires (associations, collectivités, professionnels de santé, écoles – collèges et lycées, etc.) dans le cadre d’appels à projet en lien avec la promotion et la prévention de la santé.
Les thématiques abordées sont variées. Qu’il s’agisse de l’alimentation, de l’activité physique, de la santé mentale (bien-être, gestion des émotions, préjugés…), des addictions, du dépistage cancers, des compétences psychosociales, de la vie sexuelle et affective, des droits des femmes tout autant que de la santé environnementale, des risques estivaux et des risques en milieux festifs ou encore de l’hygiène bucco-dentaire…

Les interventions sont construites, quasiment à la demande, à partir des besoins identifiés et du type de public accueilli. Il y a aussi des programmes dits « clés en main » (c’est le cas par exemple du programme «  Like you » autour de l’estime de soi, construit et validé par l’IREPS). Ces séances sont gratuites et collectives. Les Animatrices interviennent pour de petits groupes.

Le Contrat Local de Santé, une feuille de route opérationnelle au bénéfice des habitants

Avec le Contrat Local de Santé (CLS), l’ARS Nouvelle Aquitaine a souhaité concrètement s’investir dans les territoires, avec une dynamique volontariste au bénéfice des habitants. Démarche départementale, ce contrat engage toutes les parties dans une feuille de route opérationnelle. Un véritable espace collaboratif et participatif composé de 70 fiches actions concrètes qui reprennent tous les thèmes abordés dans le Plan Santé+23 et ce, toujours avec les 5 mêmes grandes priorités, le CLS encourage et accompagne la création d’un plan d’action à l’échelle du territoire Creuse Grand Sud.

En 2018 et 2019, des groupes de travail (ARS, élus, partenaires et acteurs de terrain de la santé dont Creuse Grand Sud) se sont réunis pour co-construire un plan d’actions spécifique et ces travaux ont aboutis à la signature du CLS en octobre 2019 par chaque Président des communautés de communes, partenaires, Conseil Régional, Conseil Départemental, ARS, CPAM, CARSAT, MSA, CAF, Éducation Nationale…. Rappelons que ce contrat est valable pour une durée de 5 ans.

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Le Plan Santé+23 et le CLS départemental : deux démarches convergentes et complémentaires

Le Plan Santé+23 et le CLS départemental sont deux démarches convergentes et complémentaires qui expriment clairement la nécessité d’unir collectivement nos efforts pour les années à venir. Bien que départemental, chaque EPCI devra adapter le déploiement des actions sur son territoire.

> Exemples de fiches actions par axe :

1 . Développer la prévention :

  • créer un réseau d’animateurs de santé publique ;
  • développer des actions d’éducation nutritionnelle et de promotion d’une activité physique adaptée ;
  • déployer le programme autour de l’estime de soi «Like You» ;
  • développer des actions de prévention sur la santé mentale en partenariat avec les acteurs du territoire ;
  • développer des actions de prévention auprès des personnes en situation de précarité, de handicap, sur les lieux de travail via les entreprises…

2. Maintenir et améliorer l’accès aux soins :

  • développer la télémédecine ;
  • développer les consultations avancées de spécialistes, là c’est vraiment le côté ARS
  • promouvoir l’exercice médical en milieu rural ;
  • favoriser l’émergence de structures d’exercice coordonné…

3. Améliorer le parcours de vie des personnes atteintes du Cancer :

  • déployer des actions de promotion du dépistage organisé des cancers ;
  • accompagner le site creusois du Centre Régional de Dépistage des Cancers (CRCDC) pour développer une campagne de communication…avec une Animatrice qui est
  • positionnée avec ce centre travaille spécifiquement sur cette thématique Cancer.

4. Faire des jeunes une cible prioritaire :

  • déployer différents programmes (ToiMoiNous…) ;
  • développer des actions d’éducation à la vie sexuelle et affective….

5. Lutter contre les addictions :

  • déployer les programmes Prim’prev, Unplugged ;
  • développer des actions de prévention adaptées liées aux écrans et à l’usage des outils numériques…

> Exemples d’actions réalisées :

 

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Si la pandémie à stopper nette toutes les actions, nombre de contact ont déjà été pris comme par exemple avec le centre de loisirs du Plateau à Gentioux, explique Véronique ROUFFET – ASP – CH Aubusson :

  • Interventions par public : Enfance / parentalité
  • Thématiques abordées : alimentation et activité physique, hygiène bucco-dentaire, prévention sur les substances psycho actives, vaccination, gestes barrières…

 

«  Pour l’ALSH du Plateau, nous en sommes au stade des besoins évoqués et le centre est intéressé pour mettre en place une action autour de l’outil qui s’appelle « Petit CABAS ». « Petit CABAS » est un acronyme qui signifie : Conseil – Alimentation – Bien-être – Activité physique – Santé. Il s’agit d’une boîte à outils dans laquelle on puise pour pouvoir évoquer l’alimentation auprès d’un public d’enfants de 6 à 11 ans : les divers aliments, la différence entre les produits végétaux et animaux… Il s’agit de choses très concrètes. Nous évoquons les bienfaits de l’activité physique, de la diversité alimentaire mais aussi le rôle du marketing – pourquoi fait-on de la pub ? Et tout cela en fonction des besoins exprimés par les structures par rapport à leurs observances des pratiques des enfants qu’ils ont en charge. On construit donc ensemble quelque chose qui soit le plus cohérent possible.
Nous pouvons aussi coupler ce « Petit CABAS » avec une approche sur l’hygiène bucco-dentaire. À quoi servent les dents ? À quoi ça sert de les entretenir ? Qu’est-ce que cela permet d’éviter comme problème de santé ? Là c’est pareil, nous disposons d’outils ludiques : mâchoires géantes, brosse à dents… Toujours bien évidemment en s’adaptant au protocole sanitaire en vigueur.

Nous intervenons également sur la prévention des substances psycho-actives, avec un programme en cours d’évaluation «  Prim’prev » que nous déployons auprès des classes de CM1, CM2 et nous intervenons justement dans ce cadre à l’école de Saint-Sulpice-les-Champs. Il s’agit d’un programme de sensibilisation en 6 séances : une première séance qui permet de cibler la représentation des enfants puis on décline avec une séance sur l’alcool, une sur le tabac, une sur le cannabis, une séance sur les écrans et leurs usages et la dernière pour laquelle nous faisons le bilan de tout ce qui a été vu ensemble et où l’on regarde si les représentations de départ ont évolué.

Nous pouvons imaginer aussi des interventions autour de la vaccination. Régulièrement, depuis maintenant trois ans, nous intervenons à l’occasion de la Fête de la Science. En plus, nous sommes sur les terres du Docteur Jacques-Joseph Grancher, natif de Felletin, qui inocula le premier vaccin contre la rage inventé par Pasteur !

L’année dernière nous sommes aussi particulièrement revenu sur les gestes barrières grâce à une « boîte à coucou » dotée d’un néon ultra-violet et pour laquelle on utilise un gel hydro-alcoolique spécifique fluorescent qui permet de voir si le gel est correctement appliqué. »

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Faire des jeunes une cible prioritaire pour les actions de santé en adaptant nos messages et nos actions est une des 5 priorités de santé du Plan Santé+23 explique Manon DE BRUYN – ASP – CH Aubusson :

  • Interventions par public : Jeunesse
  • Thématiques abordées : prévention des addictions, sensibilisation à la vie affective et sexuelle, estime de soi, sensibilisation aux écrans…

« Sur l’axe Jeunesse, nous utilisons le programme « Like You » qui est un programme nord-américain et plus précisément Québécois par la suite adapté à la France et relatif aux problématiques repérées chez les jeunes. Nous le mettons en place pour les 11-25 ans. Le but est de travailler sur l’estime de soi, la perception que l’on a de son corps et l’influence de la société et des médias dans nos prises de décisions (choix vestimentaires, alimentaires, comportements, sport,..). C’est un programme « clés en main » que l’on met à jour régulièrement puisque les choses évoluent très rapidement et notamment concernant le rapport aux médias. Il se décline en 5 à 6 séances d’une heure et demie à deux heures auprès des jeunes : Collèges via partenariat avec l’Education Nationale, Lycée professionnel d’Aubusson, Mission Locale et autres établissements en Creuse.

Le but est véritablement de semer les graines d’un regard différent et de l’éveil d’un esprit critique et plus particulièrement face aux publicités, aux réseaux sociaux, aux influenceurs et influenceuses.
Nous mettons aussi en place le programme « Unplugged » pour les Collèges et l’objectif est ici de travailler avec les jeunes autour des addictions et de ce qui est susceptible d’influencer les comportements addictifs. Nous travaillons donc les compétences psycho-sociales au travers de ces programmes.

Sur la sensibilisation à la vie affective et sexuelle, nous faisons principalement des actions « one shot » – unique, à un coup – sous forme de stand. Pour exemple à l’occasion de la journée de lutte contre le SIDA, nous avons mis en place un stand dans le lycée Pierre Bourdan de Guéret avec une action de sensibilisation dont le but est de réorienter vers les structures adaptées telles que le CeGIDD sur Guéret – Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic – ou encore les Centres de Planification et d’Éducation Familiale, ou l’infirmier ou l’infirmière de l’établissement. Nous avons pu échanger avec les jeunes qui le souhaitaient et leur fournir de la documentation et des préservatifs.

Nous sommes donc positionnés sur le volet prévention de manière générale comme par exemple sur l’alimentation, et là je rebondis sur la discussion de tout à l’heure, il nous arrive d’intervenir auprès des cantines mais bien souvent, au niveau des communes, les choses sont déjà établies. Nous ne sommes pas diététiciennes. Nous pouvons donner des informations en lien avec le « Programme National Nutrition Santé » – PNNS 4– et donner des astuces aux gens au quotidien pour parvenir à manger équilibré, respecter les recommandations.

Pour ce qui est de la sensibilisation aux écrans, nos collègues à l’association Addictions France travaillent sur ces sensibilisations. Il y a aussi d’autres partenaires sur le territoire comme La Quincaillerie Numérique… Et nous même, nous intervenons sur cette thématique. »

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Un Plan d’Action Territorial pour Creuse Grand sud

La présentation a suscitée bon nombre de questions et de réflexions dans la salle et les échanges sont amenés à se poursuivre comme le soulignera Alex SAINTRAPT – Vice-président en charge de la Santé en clôture de séance :

« C’était une présentation passionnante. Vous êtes sur le terrain et vous parlez de vos actions avec passion et c’est captivant.

Donc si nous avons besoin, nous passons par Claire RIFFAUD, la coordinatrice. Nous avons maintenant tous les contacts. À nous de réfléchir sur le type d’actions que nous souhaiterions mettre en place dans le cadre d’un Plan d’Action Territorial. À suivre donc.

Merci beaucoup de vos interventions respectives. »

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Santé+23, Agir ensemble pour la santé en Creuse>

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C’est quoi une commission ?

Les Commissions communautaires thématiques

La Communauté de communes s’appuie sur des commissions thématiques. Ces groupes de réflexion, chargés de débattre des actions à mener et des projets à mettre en œuvre, formulent des propositions d’actions, on parle d’avis « consultatif ».
Chaque commission est composée d’élus et de technicien(s) référent(s) qui co-animent les réunions avec leur Vice-président.

Chaque commune est représentée au sein de ces commissions.