C’est le 17 septembre dernier à 19h dans la salle « Bel Automne » de l’espace Tibord du Chalard à Felletin que s’est déroulée la première réunion du Conseil de Développement de la Communauté de communes Creuse Grand Sud.

Après un premier tour de table de présentation, ce fut au tour de Jean-Luc LÉGER de prendre la parole. « Un simple mot d’accueil » pour le Président de la comcom puisque, comme il le dira lui-même : « ce CODEV est le vôtre », « les débats doivent avoir lieu sans moi, sans les élus, car c’est un gage d’indépendance et donc de réussite de vos travaux ». L’occasion pour l’initiateur du projet de Conseil de Développement* de faire un bref rappel historique sur le pourquoi de cette initiative qui prend sa source dans la crise qu’a traversée la collectivité il y a maintenant deux ans.
En effet, en octobre 2016, le nouvel exécutif avait fait la promesse de se saisir de la volonté manifestée des citoyens d’être plus impliqués, plus associés aux travaux de l’institution et de participer à la co-construction d’un avenir commun à l’heure où le Projet de territoire Creuse Grand Sud est mis en chantier.
Un groupe de travail composé d’élus et citoyens volontaires a donc oeuvré pendant un an à la préfiguration de ce conseil de développement avant de remettre sa copie à l’ensemble du conseil communautaire, ce dernier s’étant alors prononcé favorablement sur la mise en place effective du CODEV, le mode de désignation de ses membres et sa légitimité.
Après avoir vivement remercié tous ceux et toutes celles qui ont oeuvré à cette préfiguration, Jean-Luc LEGER a  officiellement saisi le CODEV pour travailler sur le Projet de territoire (rappelons que le CODEV est par ailleurs autonome pour définir ses thématiques de travail).

JLL Codev

« Nous avons commencé par mettre la charrue avant les boeufs, si je puis m’exprimer ainsi. Nous avons fusionné, nous avons lancé des actions avant même que de n’avoir un projet commun. Alors, j’ai envie de dire, mieux vaut tard que jamais, et c’est pourquoi nous avons proposé que le CODEV s’empare du Projet de Territoire avec les élus, à côté des élus mais aussi sans les élus. Ce projet a beaucoup de mérite et je fonde en lui l’espoir de nous permettre de soulever un peu la tête du guidon. Je suis moi-même bien plus comptable qu’architecte et je me dois de le reconnaître car il est temps de relever la tête, d’enfin tourner la page. Et puis la deuxième vertu d’un Projet de territoire c’est d’être partagé. Car enfin si le projet n’est que le fait des élus alors il ne rime à rien. Le processus de construction et le temps de la démarche sont tout aussi importants que le « produit final ». Ils nous faut apprendre à s’écouter, à dialoguer, à construire ensemble un intérêt communautaire partagé, notre propre feuille de route, nous avons 18 mois pour atteindre cet objectif !» Et de terminer par la lecture de quelques mots écrits par Dominique SIMONEAU – Vice-présidente à la Démocratie Participative, excusée ce soir là.

> Projet de territoire – Creuse Grand Sud 2030
Qu’est-ce qu’un projet de territoire ?
Un Projet de Territoire est un document par lequel une collectivité définit son avenir en matière de développement et de cohésion sociale, d’aménagement et d’urbanisme, de transport et de logement, de politique de la ville, de politique de l’environnement et de gestion des ressources. Il détermine (les actions) une feuille de route collective stratégique et opérationnelle, une vision stratégique large, dans l’espace et dans le temps, dépassant le cadre des compétences exercées et suivie d’un programme d’actions (qui permettront d’assurer le développement et l’aménagement homogène du territoire) partagées par l’ensemble des communes appartenant à la Communauté de communes mais aussi l’ensemble des acteurs du territoire.
Les grandes étapes d’élaboration du projet de territoire :Les étapes du Projet de territoire_CODEV

Gérard SALVIAT – (élu communautaire ), en tant que Président du groupe de travail de préfiguration du CODEV, est quant à lui revenu sur l’ébauche organisationnelle validée dès octobre 2017 par le conseil communautaire. Si la comcom n’est en effet pas concernée par l’obligation de création d’un organe tel que le CODEV, il semble pourtant évident qu’il ne s’agissait pas ici de réinventer en moins bien ce qui existait déjà ailleurs et qui avait été éprouvé. « Il y a 45 Km entre la Villedieu et la Villetelle, soit environ une heure de voiture. Il faut faire du lien ! »
Le groupe de travail était donc composé d’élus et de membres de la société civile volontaires qui, à l’issue de leurs travaux (6 réunions de mai à octobre 2017), ont été en mesure de soumettre au conseil communautaire les modalités de fonctionnement du CODEV sous la forme d’un règlement intérieur et d’un document cadre. Ces documents restent à valider par le CODEV.

G Salviat

> *CODEV – Qu’est-ce qu’un Conseil de Développement ?
Les Conseils de développement sont des instances de démocratie participative uniques en leur genre. Ces assemblées, constituées de membres bénévoles issus de la société civile, sont créées par les métropoles, communautés urbaines, d’agglomération, de communes (à fiscalité propre de plus de 20 000 habitants), pays et PETR en tant qu’instances de consultation et de proposition sur les orientations majeures des politiques publiques locales. Elles engagent leurs travaux sur saisine de la collectivité territoriale ou par auto saisine. Un président et souvent une équipe d’animation concourent à l’organisation des travaux du Conseil.
Forces de proposition, attachés à la construction collective par le débat, les Conseils de développement s’efforcent d’apporter une expertise citoyenne dans le contenu des politiques locales. Le fonctionnement des Conseils est très divers d’une structure à l’autre. La loi créant les Conseils de développement les légitime mais leur laisse la possibilité de s’organiser librement. C’est donc en s’appuyant sur le dynamisme et les capacités de dialogue de chaque Conseil que se définit l’organisation concrète de leur travail et les relations qu’ils établissent, d’une part, avec les responsables de communautés urbaines, d’agglomération et de pays, et d’autre part, avec le territoire et la population.

« Ce n’est pas une démocratie participative « alibi » et je ne suis, personnellement, pas un spécialiste. Nous avons tout à apprendre, ensemble, et nous vous souhaitons de prolifiques travaux ». C’est sur ces quelques mots de conclusion que Jean-Luc LÉGER et Gérard SALVIAT ont quitté la salle pour laisser la place aux premiers échanges à proprement parlé de ce tout nouveau CODEV, échanges qui se poursuivront jusqu’à près de 22h.

codev 1

Ce qu’il faut retenir de cette première réunion :

Nous ne pouvons pas faire écho du contenu des échanges de ce premier rendez-vous car, rappelons-le, le CODEV est dès à présent autonome dans ses prises de décisions. Libre à lui de décider, ou non, de rendre publique la nature de ses questionnements et pistes de réflexions. Pour autant, ce qu’il nous est possible de rapporter aujourd’hui, c’est que ce CODEV est actuellement composé de 34 membres inscrits dont 21 désignés par les communes sur un total de 50 personnes. Il reste donc 16 places à saisir**. Précisons que tous les membres (désignés par les communes ou « candidats libres ») partagent en commun une même motivation à l’endroit du territoire, en tant que personne qui vit, qui travaille, pratique des loisirs et utilise « des services ». Tous souhaitent travailler ensemble vers un avenir commun, valoriser les atouts du territoire sans toutefois en ignorer les difficultés.

Cette première réunion a donc réuni 17 membres et aura permis l’éclosion de 4 premiers groupes de travail répartis comme suit : communication externe – utilisation et droit à l’image ; nom duCODEV ; communication interne et outils libres ; cadre de fonctionnement du CODEV.
« Le CODEV est une médiane entre la démocratie participative et la démocratie représentative » souligne l’une des participants, la saisine de l’EPCI sur la réflexion à mener dans le cadre du projet de territoire a été entérinée. L’instance bénéficie de l’aide logistique et d’animation de la comcom mais elle restera autonome sur le travail et son organisation,  » nous devons trouver les bons outils pour récolter l’avis des habitants, leurs besoins, y’a un très gros travail là ! ».  » Le CODEV doit être un endroit convivial où chacun peut confronter ses idées et opinions et aller aussi dans les désaccords », pour un autre :  » en 2030, je souhaite que mon territoire attire des jeunes qui pourront se plaindre de moi qui serai vieux ! »
Un retour régulier des travaux et propositions du CODEV en bureau de l’exécutif et au conseil communautaire est acté, prochaine réunion le 8 novembre à Vallière.

 

** Il n’est pas trop tard pour rejoindre le CODEV, pour s’inscrire : http://creuse-grand-sud.fr/democratie-participative-2/democratie-participative/conseil-de-developpement/